HISTORIQUE
Dès 825, sous le
règne de Louis 1er (le Pieux), dans les bourgs devant linsécurité
des campagnes, les habitants se groupent pour former des milices de défense
à linitiative de lévêque de Soissons.
Ces archers pour renforcer leur unité faisaient
serment sur les choses Saintes, de se prêter foi, force et aide.
Ils étaient commandés par un Connétable et avaient une
organisation de type militaire.
Suite à la guerre de cent ans, en calquant sur les règlements
des associations militaires anglaise, Charles V singéra dans les
organisations des milices communales. Ces milices rendaient de véritables
services à une époque de désordre et de pillage, où
les armées régulières nétaient pas organisées
et avaient pour objet la défense de la citée.
A linstar dEdouard III dAngleterre, les 3 avril et 23 mai
1369, le Roi de France Charles V (le sage) décide
dinterdire dans le royaume les jeux «de dés, de table,
de palmes, de quilles, de palet, de soules, de billes et de tous autres tels
jeux ... que les dits sujets prennent et sentendent à prendre leurs
jeu et ébatements à eux exercer et habiliter en fait de traits
darcs et arbalètes en beaux lieux et place convenables à
ce, dans les villes et terroirs du royaume et fasse leurs dons au milieu tréant
et leurs fêtes et joie pour ce comme bon leur semblera ... ».
Il faut attendre le XVème siècle sous Charles VII (le victorieux)
pour retrouver les premiers règlements des Compagnies dArc définissant
: ladmission, la discipline, la hiérarchie, la conduite à
tenir, les épreuves, ... avec la création des francs-archers
(origine de la gendarmerie les archers du roi).
Cest en 1567 sous Charles IX que larc est remplacé dans le
corps des archers par larquebuse.
Mais la passion du tir à larc et des valeurs entretenues font que
les Compagnies subsistent et se transforment en association sportive, avec toujours
la même organisation et les mêmes règlements.
La révolution française après labolition des compagnies,
jugées comme une résurgence de la féodalité et un
danger à lordre, na pas réussi à éteindre
lusage attrayant de larc. Les puissantes corporations dautrefois
resurgissent en Flandre, Artois, Picardie, et Ile de France où les sociétaires
pratiquaient le tir beursault. Ces divertissements donnaient lieu à des
défilés solennels, tambours et drapeaux en tête, et championnat
de tir, afin dattribuer des prix. Ces tirs se pratiquaient
dans lobservance dun code moral et fraternel dans le respect
des règles de la Chevalerie de lArc, codifiées par Monseigneur
Arnault de Pomponne en 1733.
Le tireur retrouvait dans la « Compagnie dArc » une
ambiance fraternelle qui favorisait son équilibre et son épanouissement.
STRUCTURE DES COMPAGNIES.
Une compagnie est constituée:
Archers - tout membre qui pratique le tir à larc
Aspirants - tout archer en attente dêtre reçu chevalier
Chevaliers - tout archer réceptionné. Le choix dun Chevalier se fait selon des critères moraux et non des performances au tir.
La cérémonie
de la réception, dun chevalier, est privée et seuls des
Chevaliers y sont invités.
Bureau dune Compagnie:
Il est normalement constitué de Chevaliers et de par ses origines militaire
a conservé sa hiérarchie.
Capitaine : cest celui qui a charge de la compagnie (cest le président de lassociation selon la loi 1901).
Lieutenant est ladjoint du capitaine (cest le vice président de lassociation).
Sous lieutenant ou Enseigne cest le porte drapeau.
Receveur est le trésorier comptable de la compagnie et assure la gestion financière.
Greffier est le secrétaire, tient le registre des réunions et assure toute la correspondance.
Censeur est chargé du respect de lapplication de la tradition.
Caviste a charge de la gestion de lintendance de la Compagnie.
Roy première personne du Jardin, ne préside que lAssemblée Générale qui renouvelle le bureau et se doit dentretenir lallée du Roy du jeu dArc, et prend le pas dans les parades.
Empereur titre à vie donné dans une Compagnie à celui qui abat loiseau trois années de suite.
Tenue,
grades et distinctions.
Dans toutes les parades traditionnelles la tenue blanche ou tenue de Compagnie
est obligatoire, la même pour la compagnie participante.
Lordre derrière le drapeau avec port des signes distinctifs : lécharpe
lEmpereur une écharpe verte.
le Roy une écharpe rouge.
le Capitaine une écharpe bleu.
le Connétable une écharpe violette.
Il ne peut y avoir quun
seul connétable dans une compagnie, cest une personne archer ou
non, très dévouée, que lon souhaite honorer. De même,
il ne peut y avoir quun seul Roy, cest celui qui abat loiseau.
Par contre, fait assez rare, il peut y avoir plusieurs Empereurs, ils se placent
par ordre dancienneté.
Suite au connétable nous trouvons les officiers et chevaliers qui constituent
le bureau, puis les chevaliers de la compagnie par ordre dancienneté
de réception, et pour terminer les archers par ordre dancienneté
dans la compagnie.
Les compagnies ayant perdu la tutelle du pouvoir royal se sentent délaissées,
désorganisées, elles se regroupent en rondes, mais la ronde dIle
de France est trop importante pour être gérée correctement
et se divise en Familles couvrant un département chacune.
LA VIE
Tous les membres ont tous
les mêmes droits et devoirs. Tous se doivent de respecter les consignes
de sécurité et de bienséance. Tous se doivent assistance,
respect.
Selon les statuts, ne sont admis que des archers de conduite irréprochable.
La devise réside en ces mots : « honneur, loyauté,
solidarité, bienséance ».
Ils doivent selon la tradition, fêter la saint Sébastien (patron
des archers), tirer à lAbat Oiseau, participer au Bouquet provincial,
et aux Prix Généraux donnés par les Compagnies voisines.
Lors du décès dun confrère (chevalier ou archer)
Ils doivent laccompagner jusquà sa dernière demeure,
avec pour un chevalier en plus une cérémonie traditionnelle à
laquelle seuls les Chevaliers peuvent assister. Pour clore cette cérémonie
une « partie de deuil » est tirée au jeu de
la Compagnie du disparu.
Dans chaque Compagnie il y a un tronc, il est là symboliquement pour
rappeler les règles de sécurité et de courtoisie qui y
sont de rigueurs. Ce tronc ne peut être une brimade, si le montant des
amendes est fixé, il ne peut être que dun montant minime,
cest un rappel des fautes et non un moyen de récupérer de
largent. Il doit être présenté avec discrétion
pour en conserver tout son sens.
EN SEINE ET MARNE
Daprès les
archives retrouvées, la compagnie de Condé-Sainte-Libiaire existait
dès 1302. Cest certainement la plus ancienne connue de France et
toujours en activité.
Il faut citer également la compagnie de Fontainebleau à qui lon
doit lorganisation du premier championnat de France de tir Beursault en
1898.
Si en 1900 on compte 20 compagnies sur le département, depuis certaines
ont disparues (Meaux, Le Pin, Courtry, ...), aujourdhui on en compte 24,
avec créations de nouvelles ou recréations (Annet, Mitry-Mory,
Provins, ...). Peut être la recherche dune certaine qualité
de vie!
Les destinées de la tradition, sur le département, sont préservées
par la famille de la Brie qui semploie, à notre époque,
dharmoniser la tradition qui hélas de par sa transmission orale
a rencontré de nombreuses déviances. Nous navons pu, hélas,
noter que les bons principes qui ont su conserver le tir à larc
jusquà nos jours se trouvent malmenés par certain.
Noublions pas que mettre une flèche dans une carte beursault est
un « honneur » et non une valeur de point. Tout
tireur dans un Prix Général peut mettre une flèche dans
le noir et ainsi être placé (même si cest sa
seule flèche qui arrive en cible). Cela fait partie de la qualité
de vie dans les traditions des compagnies darc.
Pouvons nous sil en est besoin rappeler les propos de CONFUCIUS «
Cest en observant les hommes lorsquils tirent à larc
que lon juge de leur conduite et de leur vertu ».
| Jean Louis ARNOLD |
Daniel HUYARD Email: danielhd@club-internet.fr |